Les représentants des ONG, membres de l’observatoire de la prévention de l’extrémisme violent (OPEV), réunies à Barcelone les 27, 28 et 29 juin 2018, ont été choquées en apprenant les verdicts de culpabilité et les lourdes peines de prison ferme prononcées contre 52 parmi les 53 détenus du mouvement social du Rif au nord du Maroc, poursuivis devant la chambre criminelle de 1ere instance du tribunal d’appel de Casablanca.

Les peines ont atteint 20 ans de prison ferme pour quatre des activistes, dont le leader du Hirak Nacer Zefzafi, 15 ans pour trois autres, 10 ans de prison ferme pour sept, dix autres ont été jugés à 5 ans de prison ferme, huit à 3 ans de prison ferme, et vingt activistes à 2 ans de prison ferme.
Le procès a eu lieu à Casablanca qui se trouve à plus de 700 km de la Ville d’Alhoceima où ont été arrêtés les activistes et où ils habitent, et a duré plusieurs mois dans des conditions qui ne respectent pas les exigences du procès équitable selon des représentants indépendants qui ont suivi le procès, et selon les 49 détenus qui ont signé le 12 juin une déclaration annonçant le boycott du procès en expliquant qu’il était injuste.
Dans la plupart des cas les détenus ont été accusés d’avoir incité, ou participé, ou été complices à des actes de troubles, mais sans fournir aucune preuve de leur responsabilité pénale individuelle à des actes de violence, les manifestations non autorisées n’étant pas une raison d’emprisonnement tant qu’elles demeurent pacifiques.

Suite à ces éléments, nous, représentants des ONG participant au séminaire de Barcelone les 27, 28 et 29 juin 2018, après avoir pris compte de ces faits :

-Annonçons notre indignation devant ce procès inique et partiale subi par des activistes qui ont manifesté pacifiquement pour des revendications sociales et économiques.
-Demandons l’annulation de ces peines et la libération immédiate des détenus.
-Exprimons notre soutien aux détenus et à leurs familles, et demandons l’ouverture d’une enquête sur les allégations de torture exprimés par les détenus au cours du procès.
-Rappelons que les revendications du mouvement du Hirak du Rif relèvent des droits humains fondamentaux dont le Maroc s’est engagé à assurer, et nous exigeons que l’Etat marocain respecte ses engagements en matière des droits humains et des libertés.
-Appelons toutes les organisations de la société civile, qui agissent pour les droits humains dans la région euro-meditéranéenne et partout dans le monde à exprimer leur solidarité avec les activistes du Hirak au Maroc détenus arbitrairement, et exiger leur libération.

Signataires

1- UN PONTE PER / Italie
2- Reseau civil irakien pour la solidarité/ Irak
3- Reseau “Alghad” pour le dialogue et le developpement/Jordanie
4- Reseau Renaissance pour la democratie et le developpement/ Jordanie
5- Centre Machrek-Maghreb pour le developpement durable/ Jordanie
6- Commission Nationale jordanienne de la question de la femme
7- Association Free Sight / Tunisie
8- Ligue Tunisienne pour la defense des droits humains
9- NOVACT/ Espagne – Catalogne
10- Centre des chercheurs et professionnels euro-arabes/Espagne – Catalogne
11- Institut des droits huamains de Catalogne
12- Coordination Maghrebine des Organisations des droits humains
13- SOS-Racisme / Espagne
14- Association SAFI /Espagne – Catalogne
15- FundiPau / Espagne- Catalogne

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